lettre pardon




lettre de pardon



Je m'excuse d'avoir fait de toi un objectif, un objet qui sert mes intérêts et mon image de moi même.
Qui sert à la construction que je fais de la réussite et ce qu'est sensée être ma vie, ou le devenir. Je m'excuse d'avoir tenu une comptabilité mentale des preuves d'amour des mots d'amour des gestes d'amour. Comme une comédie à laquelle j'ai été le premier à croire, en toute "bonne foi". J'ai cru en ce que j'ai crée, dans ma tête et j'ai habillé mon cœur avec cela. Je m'excuse d'avoir associé l'amour au bonheur ou à la douleur, comme on mesure la température pour réussir une recette.
D'avoir souvent pris toute la place en aimant pour deux, ou plutôt en créant un monde d'amour, en voulant répéter mon modèle idéal.  Je t'ai prise comme béquille au moments ou je me sentais pas bien, une drogue pour ne pas me regarder en face, lorsque j'en arrivais à ressentir un vide en moi, lorsque je n'osais pas poser les bonnes questions sur moi, j'ai cherché quelqu'un pour vivre à travers lui, sans ouvrir vraiment mon cœur, et en créant une relation par le don unique d'amour, parce que souvent je refusais de voir l'autre de recevoir, trop aveuglé à guetter si tout se passe comme j'ai prévu, comme j'ai rêvé, comme il le fallait. Je m'excuse de n'avoir pas cru à des je t'aime qu'on m'a dit, parce que c'était en fait les miens qui étaient faux. Certains de ceux que j'ai retenus ont été les plus vrais.
J'en ai dit qui signifiait: tu me plais, je te désire, je veux te garder, je te déteste! Je ne veux pas te faire de la peine ...
J'ai gardé le cœur fermé, en croyant qu'aimer c'est donner son cœur, peut être que ce n'est pas cela, peut être que c'est ouvrir son cœur et laisser un autre cœur s'ouvrir à soi? Mais non je ne veux pas encore inventer une autre recette. Une autre définition, j'en ai assez dans la tête pour ajouter un autre critère à ma liste.
Même si on m'a souvent dit que je ne suis pas exigeant, mais en fait c'est faux, je le suis trop, a tel point que j'ai pensé que personne ne peux savoir aimer comme moi, et je partais plutôt dans une compétition de preuves d'amour au lieu d'être juste dans un don ou même pas prétendre ça, je veux dire, au lieu d'être là et accepter ce qui se passe autour de moi, d'aimer comme l'amour vient.
Je m'excuse de t'avoir comparé à l'amour des autres, pour savoir si mon amour est "le bon", d'avoir donné des notes en quelque sorte. Je m'excuse d'avoir été trop gentil, parce qu'en n'affirmant pas qui je suis, en n'existant pas pleinement, je me suis surement privé de belles rencontres, de beaux moments parce que j'ai souvent croisées de très belles personnes (Et en même temps, mon attitude a placé l'autre dans une position de coupable alors que c'était moi qui était démissionnaire d'occuper pleinement ma place.
Je m'excuse d'avoir été lâche, devant mes propres sentiments, tout en donnant l'impression je suis courageux parce que j'étais capable d'affronter des situations pas possibles et d'être patient et présent sans lâcher. Mais au fond, il est plus facile pour moi d'être fort dans des moments difficiles que d'être vrai quand je me sens fragile.
Je m'excuse d'avoir gardé mon monde fermé et de rester seul dans l'amour, même quand je suis avec une femme, et après de l'accuser de ne pas être là, lorsque je me rends compte que je suis seul dans la relation alors qu'en fait c'est moi qui suis à coté.
Je m'excuse de chercher des garanties là où il n'y en a pas. Pas des garanties d'engagement, pas de garanties d'amour, je n'ai jamais demandé ça, mais les garanties que l'amour qu'on m'offre soit la réponse exacte à l'image que je me suis construit, trait pour trait, sans accepter d'être agréablement ou désagréablement surpris.
Je m'excuse d'avoir toujours été ce qui quitte, ce qui part, parce que c’est meilleur pour mon orgueil d'être le premier à quitter. Je m'excuse d'avoir pensé que mon amour était trop grand pour être refusé et que l'amour de l'autre trop petit pour que je le reçoive. Ou pour que je la fasse confiance.
Je m'excuse d'anticiper, de ne pas exister à force de chercher à te contrôler.